Pour une voix libérée

Emmanuelle Trinquesse |  22 septembre 2013 |  , , , , , , , , , , ,

 

Les verrous vocaux

Je nomme verrous vocaux toutes les entraves au bon fonctionnement du geste vocal… Il peut heureusement ne s’agir que de freins plus ou moins enracinés. Nous pouvons également parler de compensations, parfois nécessaires, mais le plus souvent superflues.

Bon mais concrètement de quoi s’agit-il? Il existe deux types principaux de verrous vocaux :

  • les verrous corporels
  • les verrous mentaux

Les 1ers peuvent être définis comme une région de notre corps qui manque de mobilité, qui apparait trop contractée et que l’on ne ressent pas suffisamment (déficit de kinesthése). Leurs origines peuvent être très nombreuses: stress, accident, positions antalgiques, mouvements répétitifs…

Les seconds, les verrous mentaux, engendrent parfois les premiers mais sont provoqués par une émotion submergeante.

Arrêtons nous aujourd’hui sur les verrous corporels. Ils peuvent être nombreux, les principaux sont cités sur la diapo ci dessus, mais bonne nouvelle en identifier un ou deux nous aide déjà considérablement !

En effet lorsque l’on relâche une entrave au bon fonctionnement du geste vocal nous rentrons dans ce que nous pouvons appeler un cercle vertueux. En travaillant sur le relâchement de la mâchoire j’aide la langue à se détendre et le diaphragme à se libérer… Oui oui !

De plus ces limitations corporelles peuvent être de 2 ordres :

  • soit elles sont présentes en dehors de la phonation (et le plus souvent encore plus présentes durant l’émission vocale). Il est alors indispensable de les faire lâcher au plus vite.
  • soit elles n’apparaissent qu’à la phonation voir que lors d’une note très aiguë ou puissante. D’ailleurs il peut être tout à fait normal de compenser lors d’une note un peu difficile ou simplement exigeante. Le tout est de trouver la nécessaire contraction… On peut alors négocier avec soi même pendant nos séances d’entraînement (pendant une prestation tout ceci doit savoir se faire oublier grâce à l’automatisation, nous y reviendrons…) : « sur cette note particulièrement délicate j’autorise une petite compensation que je relâche au plus vite… » Le secret est peut être alors simplement d’en avoir conscience pour que ce recours ici nécessaire ne se systématise pas.

C’est ainsi que la 1ère chose à mettre en place est de tenter d’identifier ces blocages. Nous en avons tous et le plus souvent ça n’est pas grave. Redonner souplesse et mobilité à nos verrous aide notre voix à se libérer et à répondre plus précisément à nos envies et besoins !

Pour les identifier un éveil neuro sensoriel global, une prise de conscience corporelle, est nécessaire.

Comme nous le dit si justement Jean-Blaise Roch « Quand on se sent bien on se sent bien… » Autrement dit sentir nos crispations nous aide déjà à les relâcher, et nous avec… Ben oui hein oui quoi…

Ok petite pratique :

  • debout fermer les yeux et tenter d’identifier tout ce qui dans votre corps peut être inutilement contracté… Sentez vous des endroits qui pourraient être plus détendues ? Focaliser votre attention sur une seule partie du corps à la fois
  • si vous avez identifié une tension que pouvez-vous mettre en place pour la faire lâcher ? (La respiration par exemple peut aider…)
  • cibler une région à la fois…
  • vous allez maintenant rajouter un son, par exemple un « m » dans une zone de confort. Que se passe-t-il dans cette même zone ? Des changements ?
  • amusez vous à présent à changer la hauteur de la note en gardant votre attention sur la région pré identifiée. Que constatez-vous? Toutes vos impressions sont les bienvenues, absolument toutes! Même, peut être surtout, si elles vous semblent insignifiantes…

J’ai bien conscience que seul à la maison entre 2 activités de la « vraie vie » cet exercice peut sembler surprenant, pour certains déroutant. Au début, surtout sans être guidé, on peut tout à fait avoir l’impression de ne rien sentir. C’est normal, cette prise de conscience corporelle se développe petit à petit en pratiquant… Elle s’apparente tout à fait à une forme de relaxation…

Et c’est bien en vous que se trouve des solutions! Votre corps les connait il suffit d’apprendre à l’écouter…


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Voici donc une petite réflexion qui je l’espère vous aidera à pratiquer plus efficacement…

Premièrement identifier 2 ou 3 objectifs vocaux tel que par exemple améliorer mes aigus.

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4 commentaires

charpenel marie | 9 février 2021 à 20 h 34 min Répondre

coucou Emmanuelle,
C’est Marie FP12

j’ ai une petite question concernant la « nécessaire contraction » que tu évoques.
Comment puis je évaluer la nécessité d’une contraction dans le geste vocal et comment en mesurer l’intensité nécessaire?
A quel moment la nécessité peut elle se transformer en facteur négatif?
Doit on uniquement se fier au ressenti de l’élève ? et si oui, est ce à dire que son entière sensation de confort vocal( même dans un effort qui engendre une contracture) prime sur tout le reste?

    Emmanuelle Trinquesse | 6 avril 2021 à 17 h 09 min Répondre

    C’est une bonne question et c’est variable d’une personne à l’autre… Et de la zone de contraction.
    Oui l’éducation aux sensations et au degré d’effort aident énormément…

Muriel Choux | 20 janvier 2016 à 11 h 18 min Répondre

Bonjour Emmanuelle ,
Question concernant la pratique: Quand tu proposes d’ajouter un son « dans la zone de confort », parles-tu de la région pré identifiée, une fois détendue, et d’y mettre notre attention dessus, tout en faisant un son, ou fais-tu référence à notre état général lorsqu' »une » tension est relachée?
Parce que quand je me suis mise debout avec cette conscience, je me suis sentie « assaillie » de toute part de tensions/déséquilibre tant que je n’étais pas alignée un minimum! et en équilibre sans contracter mes genoux (pour aider à trouver cet équilibre) et là, j’ai pu ensuite me concentrer sur des régions, une par une (il faut préciser que je souffre du dos depuis trèèès longtemps, et que j’ai en permanence une zone douloureuse et contractée, nerf sciatique, sur laquelle je travaille sans réelle amélioration durable)

Muriel

    Emmanuelle Trinquesse | 22 janvier 2016 à 12 h 58 min Répondre

    Non en fait je parle de la région de la tessitre… souvent la zone de la tessiture la plus confortable ce sont les médiums aigus…

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